Se rendre au contenu

Madagascar : Le gouvernement va-t-il assainir le secteur  vanille ?

Le gouvernement malgache serait-il prêt à faire preuve de transparence concernant la vanille ? Certains en ont l'espoir. La semaine dernière, le Conseil des ministres a divulgué des chiffres concernant ce secteur, et ils ne sont pas très encourageants. On recense 2 000 tonnes de surstocks, dont la moitié se trouve à l'étranger, alors que la demande mondiale l'an dernier était estimée à environ 3 000 tonnes.
9 mars 2026 par
Madagascar : Le gouvernement va-t-il assainir le secteur  vanille ?
SPIREDIS SARL


L’offre en gousses de vanille malgache s’annonce colossale cette année, dépassant largement la demande mondiale. La vanille préparée pourrait se négocier à 20 dollars le kilo localement, alors qu’elle frôlait les 700 dollars en 2018.

Mesures pour Atténuer les Fluctuations

Pour faire face à ces variations, les autorités ont annoncé plusieurs mesures. Depuis cinq ans, le gouvernement s'engage à assainir sa filière emblématique. La liste tant attendue des exportateurs agréés pour cette nouvelle campagne est encore « en cours de vérification ». Cette liste vise à exclure les opérateurs ayant enfreint les règles lors des campagnes précédentes. La tension monte… tout comme les pressions.

David Ralambofiringa, ministre de l’Industrie et du Commerce, en visite aux États-Unis pour discuter de l’Agoa, souligne que « la professionnalisation de la filière requerra une prise de responsabilité des parties prenantes pour garantir la durabilité de la filière vanille ». Bien que la gousse noire ne soit pas officiellement à l’ordre du jour des discussions, elle demeure un sujet de préoccupation majeur entre les Malgaches et les Américains, qui sont les principaux acheteurs mondiaux de cette épice.

Vers un Prix Plus Juste

Parmi les initiatives envisagées pour améliorer le secteur : assurer un prix plus équitable pour les planteurs. Le Sustainable Vanilla Initiative (SVI), représentant des acheteurs internationaux de vanille, a également plaidé pour un prix d’exportation permettant aux paysans de bénéficier d’un revenu décent.

En 2019, un tarif de 50 000 ariary le kilo de vanille verte avait été accepté. Aujourd’hui, les prix proposés aux planteurs tournent plutôt autour de 3 000 ariary, soit moins de 1 dollar. « Je ne peux pas parler au nom de tous mes collègues, mais pour ceux qui se consacrent au développement durable, payer 3 000 ariary est indécent », déclare Georges Geeraerts, président du Groupement des exportateurs de vanille de Madagascar.

Il ajoute : « C'est moins que les tomates, alors qu'il s'agit d'un produit nécessitant de vastes surfaces, beaucoup de soins et des années d'attente avant de produire. Pour le bien de la filière et son avenir, il est essentiel de réajuster ce prix minimum, qui a déjà fait l'objet de nombreuses études et sur lequel beaucoup s'accordent. »

Rassurer les Marchés

La stratégie actuelle de Madagascar consiste à rassurer les marchés sur la qualité intrinsèque du produit et sa durabilité, ainsi qu'à montrer que des initiatives sont en cours, comme la recherche de sources de contaminants de la gousse, suite à la découverte de traces de nicotine et d’huiles minérales.

Cependant, Georges Geeraerts soutient qu'il est nécessaire d'aller plus loin : « Il y a un travail à réaliser sur des marchés émergents. L'Asie et le Moyen-Orient pourraient être intéressés par la vanille. Il est crucial de concentrer nos efforts sur ces axes à moyen et long terme. »

Fin avril, un symposium international sur la vanille – le premier depuis quatre ans – se tiendra à New York. Les discussions porteront sur un grand état des lieux du secteur et de la production de vanille sous serre. Aucun Malgache n’a été invité à cet événement. Malgré les turbulences dans la filière, la Grande Île demeure le premier producteur mondial de cette épice.

Nos choix d'extraction
Etude sur un extrait supercritique au CO2